La bible au peigne fin


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 Introduction

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florence_yvonne
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MessageSujet: Introduction   Sam 23 Juin - 16:45

Evangile selon Marc

Marc est le plus bref des évangiles. Longtemps délaissé au profit des textes plus développés de Matthieu et de Luc, il est aujourd'hui très lu et étudié. Le lecteur moderne se reconnaît dans ce récit vivant et pittoresque, écrit dans un style simple et alerte. Marc est attentif au détail concret; il saisit sur le vif les réactions et les sentiments. On perçoit mieux aujourd'hui que par le passé l'ordonnance de sa composition. L'évangile de Marc met en scène de manière cohérente un drame, celui de l’existence de Jésus, qui ne peut laisser neutre son lecteur. Ce drame se déroule en trois actes, précédés d’un prologue et suivis d’un épilogue.

Sources : Le nouveau testament, Traduction officielle pour la lithurgie avec guide de lecture
Présentation : Association des auteurs de Missels populaires
Edition : Les Editeurs du Rameau
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MessageSujet: Re: Introduction   Dim 7 Oct - 16:12

Citation :
Le lecteur moderne se reconnaît dans ce récit vivant et pittoresque, écrit dans un style simple et alerte.

lol!
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: Introduction   Mar 9 Oct - 14:44

piotr a écrit:
Citation :
Le lecteur moderne se reconnaît dans ce récit vivant et pittoresque, écrit dans un style simple et alerte.

lol!

Bof !

L'évangile de Marc, le plus ancien, si je ne me trompe, est aussi le plus court et le plus sobre dans ses descriptions.

C'est curieux que plus le temps passe, plus les récits évangéliques sur Jésus s'enjolivent de détails plus ou moins "merveilleux" ; jusqu'à celui de Jean (pour n'en rester qu'aux "canoniques", qui, outre ses discours "théologiques", présente des scènes d'une fraîcheur poétique dignes des plus morceaux de la littérature mondiale.
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Pierre

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MessageSujet: La théologie de Marc   Ven 6 Mar - 15:13

Quelques éléments de la théologie de l'Evangile de Marc




La Basilique Saint-Marc à Venise abriterait en son sein le tombeau de l'Evangéliste.

study 1. La perspective historique
Dans une théologie relevant de la science historique, il ne faut pas s'intéresser à la reconstitution d'événements du passé et de pensées exprimées sur le moment, mais plutôt interpréter les textes néotestamentaires en postulant que ces écrits ont quelque chose à dire au temps présent. Par «temps présent», on peut penser aux époques des rédacteurs des évangiles, mais aussi à notre siècle, en usant bien évidemment d'une autre grille de lecture.

Pour les premiers Chrétiens - comme pour toutes les générations qui vont suivre d'ailleurs - Jésus, ressuscité, est vivant. Il est au milieu d'eux. Il continue à donner ce message. Aucune des paroles (logia) transmises par la communauté du Seigneur au sujet de l'activité terrestre de Jésus ne saurait avoir trait uniquement à des événements relevant du passé. Au contraire, tout ce qu'on relatait concernant ses actes et ses paroles se devait d'annoncer le Christ vivant. Comme on ne pouvait se contenter de transmettre ce que s'était passé jadis, on a donc mis la tradition en relation avec la vie des communautés: des déclarations dont les croyants avait hérité ont reçu une formulation nouvelle, pour que les paroles de Jésus puissent fournir une réponse à des questions actuelles pour l'époque de rédaction. La tradition relative à Jésus a, par conséquent, été déterminée par des préoccupations théologiques qui ont marqué de leur empreinte sa transmission orale.

study 2. Une confession de foi autour de la crucifixion
Dans la confession de foi des premiers Chrétiens, la notion du Christ agissant et enseignant est unie à l'affirmation de sa souffrance et de sa mort. Tout donne à penser que de très bonne heure a existé un récit de la souffrance de Jésus. La foi du Christianisme primitif se rapporte uniquement à la mort de Jésus sur la croix et à sa résurrection. C'est ainsi que Paul écrit aux Corinthiens, au début des années 50:

L'apôtre Paul a écrit:
1Corinthiens 1:23-nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,

1Co 1:24-mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.

1Co 1:25-Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
ainsi que:

L'apôtre Paul a écrit:
1Co 15:1-Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes,

1Co 15:2-par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; sinon, vous auriez cru en vain.

1Co 15:3-Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures,

1Co 15:4-qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures,

1Co 15:5-qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze.

1Co 15:6-Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis -

1Co 15:7-ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.

1Co 15:8-Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton.

1Co 15:9-Car je suis le moindre des apôtres ; je ne mérite pas d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu.

1Co 15:10-C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n'a pas été stérile. Loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous : oh ! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

1Co 15:11-Bref, eux ou moi, voilà ce que nous prêchons. Et voilà ce que vous avez cru.
Par là, la confession de foi donne à cet événement son interprétation théologique fondamentale. Comment cet événement est-il survenu ? Tel est l'objet du récit de la Passion de Jésus.

De cette forme primitive de la passion l'Evangile de Marc en garde une trace perceptible. La couche la plus archaïque de la rédaction est constituée de résumés:

L'évangéliste Marc a écrit:
Mc 8:31-Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ;

Mc 8:32-et c'est ouvertement qu'il disait ces choses...
et encore:

Marc a écrit:
Mc 9:31-Car il instruisait ses disciples et il leur disait : " Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes et ils le tueront, et quand il aura été tué, après trois jours, il ressuscitera. "
La troisième rédaction est plus détaillée:

Marc a écrit:
Mc 10:32-Ils étaient en route, montant à Jérusalem ; et Jésus marchait devant eux, et ils étaient dans la stupeur, et ceux qui suivaient étaient effrayés. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :

Mc 10:33-" Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens,

Mc 10:34-ils le bafoueront, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et après trois jours il ressuscitera. "
Dans leur travail, les auteurs fusionnent des «Récits de la passion» et «Actes de Jésus». Dans les autres textes synoptiques, Luc et Matthieu auront en plus la «Source Q», les paroles de Jésus.

study 3. Le secret messianique

Pour les premiers Chrétiens - et l'Evangile de Marc s'en fait largement l'écho - il y avait un paradoxe à surmonter dans la compréhension de Jésus. Beaucoup avaient gardé de Jésus l'image d'un HOMME, auquel ils avaient parlé, qui avait dû avoir une profession et une famille (parents, frères et soeurs...). Comment concilier ce souvenir avec un Messie, envoyé par Dieu pour sauver le monde ? Le portrait essentiellement terrestre de Jésus va certes être peu à peu supplanté par une représentation divine: Les épîtres du Nouveau Testament et la théologie de l'Evangile de Jean s'en font l'écho. Mais la mémoire d'un personnage de nature profondément humaine perdurait.

Pour résoudre la tension entre le Jésus humain qu'ont côtoyé les premiers Chrétiens et le Christ maître du monde, l'Evangile de Marc, va faire apparaître le motif du secret messianique. Le plus souvent, Jésus interdit à ses disciples ou à ceux qu'il guérit, de reconnaître sa vraie nature. La clef de l'explication réside peut-être dans l'épilogue de l'épisode de la transfiguration:

Marc a écrit:
Mc 9:9-Comme ils descendaient de la montagne, il leur ordonna de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu, si ce n'est quand le Fils de l'homme serait ressuscité d'entre les morts.
Cet ordre indique que le secret messianique doit permettre d'unir l'exposé de la vie terrestre du Christ, son enseignement, avec la foi en sa Passion et sa Résurrection. La révélation a eu lieu sur la croix du Christ et dans sa résurrection des morts. C'est de cela qu'il est question dans l'Evangile. Tout ce qui est à relater à propos du Jésus terrestre, ne peut être compris qu'en regard de la croix et de la résurrection. C'est ce qui explique la fin primitive abrupte de l'évangile:

Marc a écrit:
Mc 16:7-Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée : c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. "

Mc 16:8-Elles sortirent et s'enfuirent du tombeau, parce qu'elles étaient toutes tremblantes et hors d'elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur...
Il faut revenir en Galilée, c'est-à-dire revenir au point de départ de l'Evangile, donc du livre, pour véritablement comprendre ce que représente Jésus, son message, son action et sa résurrection. La relecture du texte permettra aussi de saisir ce que les femmes «effrayées» n'ont pas dit. (Voir aussi mon message sur le chapitre 16 en cliquant ici.)

Il faut observer que le secret messianique avait déjà été rompu pendant la Passion. C'est le Jésus souffrant qui se reconnaît comme le Messie.

Marc a écrit:
Mc 14:60-Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : " Tu ne réponds rien ? Qu'est-ce que ces gens attestent contre toi ? "

Mc 14:61-Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l'interrogeait, et il lui dit : " Tu es le Christ, le Fils du Béni ? " -

Mc 14:62-" Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. "
Il ne saurait y avoir de foi chrétienne que postérieurement à Pâques; ce n'est qu'à ce moment-là que l'avènement du Christ est proclamé comme un acte salutaire eschatologique de Dieu.

study 4. Les titres de Jésus

L'Evangile laisse un grand flou dans les titres conférés à Jésus. Il n'est pas un prêtre ni un prophète, même si certains le supposent, comme en témoignent les textes. Le titre de Fils de Dieu ne saurait remonter au Jésus historique, comme le montre la succession des conceptions théologiques des divers écrits. En réalité, tout donne à penser que la désignation de Fils de Dieu, se fait par analogie au monde des dieux grecs. On comprend dès lors que ce qualificatif n'a pu apparaître qu'en des cercles pagano-chrétiens, ou plus précisément «hélléno-chrétiens».

Jésus se désigne comme «Fils de l'homme» 69 fois dans les synoptiques et 12 fois chez Jean. Il y a là des références à au moins deux livres de l'Ancien Testament:

Au chapitre 2 du livre d'Ezéchiel, on lit:

Le prophète Ezéchiel a écrit:
Chap 2:1-Il me dit : Fils de l'homme, tiens-toi sur tes pieds, et je te parlerai.

2:2-Dès qu'il m'eut adressé ces mots, l'esprit entra en moi et me fit tenir sur mes pieds ; et j'entendis celui qui me parlait.

2:3-Il me dit : Fils de l'homme, je t'envoie vers les enfants d'Israël, vers ces peuples rebelles, qui se sont révoltés contre moi ; eux et leurs pères ont péché contre moi, jusqu'au jour même où nous sommes.

2:4-Ce sont des enfants à la face impudente et au coeur endurci ; je t'envoie vers eux, et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel.
Le «Fils de l'homme» est un être humain choisi par Dieu pour se faire son porte-parole. Dans ce sens, Jésus possède une qualité prophétique. Mais l'Evangile n'en reste pas là dans ses références et visiblement s'appuie encore plus fortement sur le chapitre 7 du livre de Daniel.

Le prophète Daniel a écrit:
Chap. 7:13-Je regardai encore dans mes visions nocturnes: Sur les nuées du ciel, je vis venir quelqu'un semblable à un fils d'homme. Il s'avança jusqu'au vieillard âgé de nombreux jours; et on le fit approcher devant lui.
Daniel 7:14-On lui donna la souveraineté, et la gloire et la royauté; et tous les peuples, toutes les nations, les hommes de toutes les langues lui apportèrent leurs hommages. Sa souveraineté est éternelle; elle ne passera jamais;et quant à son royaume, il ne sera jamais détruit.
Le «Fils de l'homme» est chez Daniel, le fondateur d'un royaume, notion que l'on retrouve souvent dans le message de Jésus. Ce dernier s'est-il attribué lui-même ce qualificatif, ou ce titre lui a-t-il été attribué ultérieurement par les premiers Chrétiens ?

Pour eux, Jésus est un homme qui, pauvre, est exposé à tous les coups durant sa Passion. En même temps, il est l'homme élevé au trône royal le jour du jugement dernier.

L'évangéliste Marc a écrit:
Mc 8:38-Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi rougira de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. "
Ce passage est le seul où il est question de foi. Il doit être post-pascal. Donc, la paternité de Jésus, pour ce qui est ce titre qualificatif, n'est plus attestée à coup sûr... Jésus reste, comme toujours, mystérieux.
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: Introduction   Jeu 19 Mar - 0:25

Je t'avais promis, Pierre, mes réactions à propos de ton topo sur l'évangile de Marc ; en voici un premier jet :

A propos de ce fameux « secret messianique » je me suis fait depuis déjà pas mal de temps ma petite idée, idée peut-être un peu personnelle, mais qui me parait ressortir clairement du parcours de la « carrière » de Jésus telle que décrite dans les évangiles.

Le passage que tu cites de Marc

Mc 9:9-Comme ils descendaient de la montagne, il leur ordonna de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu, si ce n'est quand le Fils de l'homme serait ressuscité d'entre les morts.

Se situe après la « Transfiguration ». On est à ce moment-là à un tournant essentiel de la « carrière » de Jésus : il a acquis une popularité par ses pouvoirs de thaumaturge et d’exorciste les foules le suivent, de plus en plus nombreuses, et cette acmé de sa carrière culmine avec la « multiplication des pains ». Et c’est ici Jean, à mon avis, qui donne la clé qui va permettre de comprendre le pourquoi de ce « secret messianique ».

La nourriture en abondance illimitée, c’est la réalisation de la promesse messianique ; pour la foule rassasiée, le « signe » que Jésus vient d’accomplir signifie que le « royaume de Dieu » est arrivé ; et, très concrètement, ce « royaume de Dieu », c’est le rétablissement du royaume de David ; et, dans le contexte de cette époque en Palestine, c’est la « libération » de l’occupation romaine ; le soulèvement de 70 est dans la droite ligne de cette advenue du royaume.

Tel est le contexte politique dans lequel se situe la rédaction des évangiles ; et on sait que les « chrétiens » ne suivront pas les zélotes dans ce soulèvement contre l’occupation romaine. Ainsi s’éclaire le comportement que les évangélistes attribuent à Jésus : il soulève l’espoir des foules, mais, en même temps, il prend toutes dispositions pour freiner leur enthousiasme.

Jean 6.14 Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde.
6.15 Et Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul.


« faire Jésus roi », c’était l’inviter à se mettre à la tête du soulèvement contre l'occupation romaine et pour le rétablissement du « royaume de David » ; et Jésus qui se refuse à cette « royauté », ce sont les « chrétiens » qui refusent de prendre les armes avec les zélotes contre les romains.

A mon avis c’est ainsi que s’explique ce paradoxe, particulièrement marqué dans l’évangile de Marc : Jésus, à la fois faisant ce qu’il faut pour accroitre sa popularité, mais, en même temps, contrant les attentes de ceux qui le suivent. Ce n’est pas en les « battant » les armes à la main que ses disciples parviendront à vaincre les puissants de ce monde ; c’est, au contraire, en acceptant d’en être les victimes, qu’ils remporteront sur ces puissants une victoire « morale ». La suite de l’histoire devait leur donner raison : pendant trois siècles, l’empire tentera de juguler la montée de cette « nouvelle religion » ; les persécutions ne feront que la faire croître, jusqu’au moment où l’empire sera obligé de la reconnaître et en fera la religion officielle de l’empire.
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Pierre

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MessageSujet: Re: Introduction   Ven 20 Mar - 22:49

J-P Mouvaux a écrit:
...A mon avis c’est ainsi que s’explique ce paradoxe, particulièrement marqué dans l’évangile de Marc : Jésus, à la fois faisant ce qu’il faut pour accroitre sa popularité, mais, en même temps, contrant les attentes de ceux qui le suivent. Ce n’est pas en les « battant » les armes à la main que ses disciples parviendront à vaincre les puissants de ce monde...
sunny Cette hypothèse me paraît très intéressante, étayée, et pas du tout en contradiction avec ce que j'ai écrit plus haut. A moins que tu contestes cette vision des choses...

Je crois que l'Evangile de Marc témoigne de façon particulièrement d'une forme de «désarroi» dans lequel se sont retrouvés les premiers Chrétiens: Voilà des Juifs, souvent fort pieux, très attachés à la loi, voire conservateurs, qui avaient décidé de suivre un maître de sagesse, Jésus. Leur mentor finit tristement, comme le pire des condamnés... et peu après survient l'impensable à Pâques. Comment véritablement comprendre ce qui s'est passé, comment structurer le mouvement, alors qu'en regard de l'expérience avec le Jésus terrestre, tous les éléments du parcours avec le Christ étaient totalement inattendus ? Question Même si leur maître a prédit sa mort, ses disciples n'ont certainement jamais pris au sérieux cette annonce. :non

scratch Ce «désarroi» transparaît à une autre échelle, dans ce que nous appelons aujourd'hui le Nouveau Testament. C'est un recueil formé de nombreux textes, aux propos fort divers, voire contradictoires... sans parler des apocryphes ! C'est précisément pour cela que, dans chacun de mes messages, je défends l'opinion qu'il faut lire attentivement chacun des écrits, dans leur spécificité (ce qui n'exclut nullement des rapports d'influence, d'interdépendance ou d'oppositions).

Very Happy On ne peut, à mon avis, que s'émerveiller que, dans de telles conditions, le mouvement de Jésus ait réussi à se structurer, à se développer et à s'imposer... Sad Mais on comprend aussi pourquoi le concept d'unité paraît si difficile à réaliser parmi les Chrétiens, y compris de nos jours...
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: Introduction   Ven 20 Mar - 23:30

Code:
Le «Fils de l'homme» est chez Daniel, le fondateur d'un royaume, notion que l'on retrouve souvent dans le message de Jésus.

Ma question est de savoir quelle est la nature de ce "royaume" attendu par les juifs de cette époque. Entre les zélotes qui menaient une lutte de libération nationale, et les juifs pieux qui aspiraient à un royaume "spirituel", les attentes étaient sans soute diverses, et même contradictoires.
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MessageSujet: L'Evangile secret   Dim 29 Mar - 22:02

L'Evangile secret


Parmi les textes discutés figurent deux éventuels compléments à l'Evangile de Marc, regroupés sous la dénomination: Evangile secret de Marc

study Il vaut la peine de reprendre les éléments du dossier en citant une bonne mise au point figurant dans le site EBIOR.ORG. (http://www.ebior.org/Bible/Tal/Marc/evangile-secret.htm)

Présentation

Découverte et photographiée par Morton SMITH en 1958 au monastère de Saint-Sabas près de Jérusalem, publiée en 1973, cette lettre de trois pages attribuée à Clément d'Alexandrie (début du III e siècle) et adressé à un certain Théodore : elle contient l'histoire et deux extraits d'une version jusqu'alors inconnue de l'évangile de Marc, appelée l'évangile secret. Celui-ci était utilisé par la secte gnostique fondée par Carpocrate qui vécut sous Hadrien (117-138)

Cette découverte a provoqué de vives polémiques pour différentes raisons:

- l'original, recopié au XVIII e siècle, a disparu et n'a pas pu être étudié
- certains savants estiment qu'il s'agit d'un faux moderne
- d'autres pensent, à partir de l'étude du vocabulaire, qu'il s'agit d'une imitation antique car nous ne possédons aucune autre lettre de Clément.
la majorité, enfin, reconnaît l'authenticité de la lettre dont le vocabulaire technique utilisé permet plusieurs traductions
- cet évangile secret est-il antérieur ou postérieur à l'évangile canonique et a-t-il été rédigé par Marc comme le prétend Clément ?
- quels sont les destinataires de la version publique ? les personnes qui se préparent au baptême ou des chrétiens à un degré élémentaire d'enseignement (deux sens possibles du mot catéchumène utilisé dans le texte) ?
- quels sont les destinataires de la version secrète ? les croyants baptisés ou des chrétiens à un degré avancé ?

En tout cas, il s'agit d'un document important à prendre en considération dans toute étude de la formation des évangiles et qui est conforme à la pensée gnostique orthodoxe de Clément pour qui l'accès à la connaissance se fait par étapes initiatiques.

Le texte

Le texte, en italique, reproduit la traduction de Jean-Daniel KAESTLI , directeur de l'Institut romand des sciences bibliques, publiée dans Écrits apocryphes chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1997, pp. 63-69 et qui est la source de cette page.

Histoire de l'évangile de Marc en trois étapes

version publique à Rome
version secrète à Alexandrie
ajouts et falsifications par Carpocrate
(...)

1,15. Marc donc, pendant le séjour de Pierre à Rome, 16 mit par écrit les actes du Seigneur : il ne les publia cependant pas tous et ne 17 signala certes pas les actes secrets [ ou mystérieux ], mais il choisit ceux qu'il jugeait les plus utiles pour faire croître 18 la foi des catéchumènes. Après que Pierre eut subi le martyre, Marc se rendit 19 à Alexandrie, emportant à la fois ses propres notes et celles de Pierre. 20 A partir de ces notes, il fit passer dans son premier livre les choses qui sont de nature à faire progresser 21 dans la connaissance [ ou les choses qui conviennent à ceux qui progressent dans la connaissance ] et il composa un évangile plus spirituel 22 à l'usage de ceux qui se perfectionnent [ou les initiés]

(...)

28 Au moment de mourir, il légua son ouvrage à l'Église qui est 2,1 à Alexandrie, où il est conservé aujourd'hui encore de façon parfaitement sûre, et où il est lu à ceux-là seuls qui sont initiés aux grands mystères. Mais, 3 comme les démons impurs machinent en tous temps la ruine de la race des hommes, Carpocrate, 4 instruit par eux usant d'artifices trompeurs, 5 réussit à s'asservir un presbytre [ancien ou prêtre] de l'Église d'Alexandrie. 6 de manière à obtenir de lui une copie de l'évangile secret. 7 Il l'interpréta donc conformément à sa pensée blasphématoire et charnelle ; bien plus, 8 il le souilla même en mêlant les mensonges les plus impudents aux paroles pures et saintes.

(...)

Premier extrait de l'évangile secret de Marc ( entre Mc 10,34 et Mc 10,35 )


Comparer avec le récit de la résurrection de Lazare en Jn 11, avec l'épisode du jeune homme riche en Mc 10,21 et avec celui du jeune homme nu en Mc 14,51

Par exemple, 21 après les mots : "Ils étaient en chemin, montant à Jérusalem" et les 22 suivants jusqu'à "après trois jours, il ressuscitera", il ( l'évangile secret ) donne mot à mot le texte que voici :

"23 Et ils arrivent à Béthanie, et il y avait là une femme dont le frère était mort. 24 Et elle vint, se prosterna devant Jésus et lui dit : "Fils de David, 25 aie pitié de moi." Mais les disciples la réprimandèrent. Et Jésus, rempli de colère, 26 partit avec elle au jardin où se trouvait le tombeau. Et 3,1 aussitôt se fit entendre une voix forte venant du tombeau. Et Jésus, s'étant approché, roula 2 la pierre loin de la porte du tombeau. Et il entra aussitôt à l'endroit où 3 se trouvait le jeune homme, étendit la main et le ressuscita en lui saisissant 4 la main. Le jeune homme, l'ayant regardé, l'aima, et 5 se mit à supplier Jésus de demeurer avec lui. Et, étant sortis 6 du tombeau, ils allèrent à la maison du jeune homme, car il était riche.

Et, après 7 six jours, Jésus lui donna un ordre ; et, le soir venu, le jeune homme se rend auprès de lui, le corps nu enveloppé d'un drap. Et 9 il demeura avec lui pendant cette nuit-là, car Jésus lui enseignait 10 le mystère du Royaume de Dieu. De là, s'étant levé, 11 il retourna au-delà du Jourdain.

Après cela viennent les mots "Et 12 Jacques et Jean s'approchent de lui" et toute la péricope.

Critique d'un ajout fait par Carpocrate

13 Quant aux mots "nu à nu" et aux autres à propos desquels tu (Théodore) m'as écrit, ils ne s'y trouvent pas.

Second extrait de l'évangile secret de Marc (après Mc 10,46)


Remarquer que l'évangile canonique passe brutalement de l'arrivée au départ de Jésus à Jéricho alors que le texte qui suit fournit une explication. L'extrait est peut-être tronqué

14 Après " et il arrive à Jéricho", il ajoute seulement : "Et 15 là se trouvaient la sœur du jeune homme que Jésus aimait, et 16 sa mère, et Salomé. Et Jésus ne les reçut pas." (...)

Auteur : Fernand LEMOINE , © EBIOR, 29/08/2003


sunny Quelle analyse faire de ces ajouts étranges ?

Il faut tout d'abord observer qu'ils s'insèrent dans des interstices du texte canonique. Si on lit soigneusement l'évangile, on a l'impression que le texte a subi des coupures. La question qui se pose est de savoir si les passages cités plus hauts étaient originaux ou si un auteur ultérieur a profité de ces «fentes» dans le texte pour y insérer des ajouts de son crû.

Un élément de réponse serait à trouver dans la doctrine d'un certain Carpocrate, chef de file d'un mouvement gnostique prônant une morale sexuelle assez libre. Clément voit en lui le diffuseur du texte. Mais Carpocrate a-t-il composé le texte ou en a-t-il tiré parti. Et s'il s'est servi d'un fragment existant, de quand ce fragment existe-t-il ?

En tout état de cause, on peut penser qu'il s'agit d'une version réservée à ceux qui, à Alexandrie, sont initiés aux grands mystères. Il ne faut pas oublier non plus que le nom de Marc est associé depuis longtemps à cette ville.

study La réponse pourrait bien être dans l'étude comparative par rapport au reste de l'Evangile. Dans les autres chapitres, Marc s'adresse à des Chrétiens non familiers du judaïsme. Ce ne sont pas des initiés. Si l'Evangéliste avait voulu écrire pour deux publics différents, alors dans ce cas pourquoi la variante «secrète» ne serait-elle pas plus abondante ?

Tout donne à penser qu'à Alexandrie, où l'Evangile de Marc bénéficiait d'une grande aura, on a cherché à développer les enseignements baptismaux du chapitre 10. Le complément a été mis en mots en respectant le langage marcien. A l'intérieur de ces lignes, on a fait figurer une initiation nocturne.

On le voit, les éléments font pencher la réponse contre l'authenticité...
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Pierre

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MessageSujet: La thèse d'Etienne Trocmé   Dim 25 Oct - 0:18

La thèse d'Etienne Trocmé


Dans son livre «L'enfance du Christianisme», paru en 1997 - et réédité en 1999 chez Hachette Littératures /Pluriel - Etienne Trocmé, qui était prof de théologie à l'Université de Strasbourg, émet une hypothèse fort intéressante quant à l'origine de l'Evangile de Marc. Je trouve intéressant d'y réfléchir et d'en discuter. En voici les grandes lignes:

Le chercheur constate que «le récit de la Passion, tout dominé par l'idée que Jésus doit mourir seul, alors que les chapitres 1 à 13 insistent sur l'appel à souffrir et à mourir intrépidement». De cette contradiction apparente, le professeur tire la conclusion que le texte actuellement connu de l'Evangile est une compilation, la réunion – plus ou moins coordonnée – de deux narrations: On aurait ainsi mis ensemble un évangile primitif et un récit de la passion. Dans ce deuxième temps, l'Evangile primitif aurait aussi été retouché pour être compris d'un public romain auquel la Palestine était inconnue (cf Marc 7/3-4 ou 12/42).

Une preuve supplémentaire que l'Evangile s'arrêtait à la fin du chapitre 13 résiderait dans le corps du texte lui-même: «En concluant sa narration avant le récit très clos sur lui-même de la Passion, par un chapitre apocalyptique qui constitue une conclusion naturelle, l'auteur présente son héros comme l'exemple d'un engagement missionnaire qui durera juqu'au Retour du Fils de l'Homme, par delà la mort et la résurrection de celui-ci (Marc 8/31-32; 9/31; 10/32-34)». On est loin d'une attitude figée, «conservatrice» qui est celle de l'Eglise de Jérusalem, soucieuse de garder une proximité avec le temple et la tradition juive (voir le verset final de l'Evangile de Luc: «Ils étaient continuellement dans le Temple en louant Dieu»).

Quand, où et par qui aurait été écrite cette première mouture de l'Evangile ? Etienne Trocmé voit une très grande similitude entre les idées exprimées dans le discours d'Etienne – sans parler des épisodes associés à Philippe, assez proches dans leur contenu -, lesquelles constituent un condensé de la pensée des Hellénistes ET la théologie de cet évangile. Les Héllénistes, ces premiers chrétiens issus de la Diaspora – emmenés par les 7 diacres - se sont constitués en un groupe plus ouvert face à l'extérieur et sont entrés en conflit avec les apôtres et même la famille de Jésus (pensons au rôle dirigeant de Jacques dans les années 45 à 65 environ). Dans l'Evangile de Marc, les disciples sont souvent critiqués. Ils ne «comprennent rien» ! (Marc 8/32-33; 10/35-40) En fait ils comprenaient... mais pas comme les Helénistes, le message de Jésus !

Selon Etienne Trocmé, l'auteur «a composé son livre en mélangeant les traditions écclésiales qu'il voulait bien retenir et des narrations empruntées à la mémoire populaire de Galilée, dans l'intention évidente de présenter un Jésus différent du maître un peu figé dont l'Eglise de Jérusalem avait organisé le culte». Ailleurs Trocmé insiste en effet sur le désir des responsables apostoliques de placer la compréhension du message de Jésus en conformité avec les usages juifs, de manière à ne pas se mettre en conflit avec les autorités reilgieuses.

Le texte ne mentionne pas la Guerre juive de 66-70. Il connaît de près l'histoire de Jésus, il est proche du message d'Etienne et de ce que les Actes font dire et faire à Philippe, tous ces éléments conduisent le chercheur à affirmer que l' «on peut sans invraisemblance situer sa rédaction – la première - dans la région de Césarée de Palestine, avant la fin des années 50 de notre ère. L'auteur de cet écrit pourrait avoir été Philippe l'Evangéliste ou quelqu'un de son entourage.»

Et Papias ?

Comment concilier ces éléments avec la fameuse notice de Papias que l'on date habituellement de 110 ? «Marc, ayant été traducteur de Pierre, écrivit exactement ce qu’il se rappelait, mais non, en ordre, les dires et faits du Seigneur. En effet, il n’avait ni entendu le Seigneur ni vécu avec lui, mais plus tard, comme je le disais, avec Pierre, lequel donnait son enseignement selon les besoins, et non comme faisant une mise en ordre des paroles (logia) du Seigneur. Ainsi Marc n’a commis aucune faute, en écrivant certaines choses comme il se les rappelait; en effet, il avait pour préoccupation de ne rien laisser perdre de ce qu’il avait entendu, et de n’y introduire aucun mensonge.»

Les éléments qu'elle contiennent me semble pouvoir s'accorder avec les idées de l'universitaire strasbourgeois. Voici comment je pense possible de voir les liens:

La première observation qui émerge en lisant ces lignes, c’est que leur intention n’est pas historique, mais apologétique. Si on croit devoir affirmer que «Marc n’a commis aucune faute», c’est pour le défendre contre des détracteurs. Que pouvait-on donc lui reprocher ? La dernière phrase du fragment le laisse entrevoir: Papias précise que c’est pour «ne rien laisser perdre de ce qu’il avait entendu» (autrement dit une tradition orale vivace) et il modifie mais sans «introduire aucun mensonge». Tout cela suggère aussi qu’on a dû comparer la rédaction de cet évangile à une ou plusieurs autres, peut-être antérieures, et en tout cas considérées comme tout autant – si ce n'est plus - autorisées. On retrouve là la polémique contre l'Eglise de Jérusalem. Papias a pu rapporter de façon dramatisée et simplifiée que, dans son écrit sur Jésus, - si l'on reste dans la ligne d'Etienne Trocmé - Marc a réorganisé et reformulé un contenu correspondant aux conceptions de la communauté helléniste, et provenant d'un type standard de prédication considéré comme apostolique. En renvoyant aux souvenirs de Pierre, Papias aurait voulu faire taire toute objection au témoignage tel que Marc l'a mis dans sa forme. Rappelons d'ailleurs que dans les Actes, Pierre devient un prêcheur itinérant que l'on retrouve dans la région de Joppé. Tout donne à penser que les déplacements de Pierre ont eu pour origine un désir d'inspection. Puis la supervision s'est peu à peu transformée en un élan missionnaire. Le milieu de rédaction helléniste pouvait donc s'attribuer une figure tutélaire autorisée.

Pour en revenir aux divergences par rapport à d'autres traditions, elles ne portaient que sur «certaines choses»; il paraîtrait donc normal d’interpréter tout le segment en l’appliquant uniquement aux traits propres à cet évangile.

Si l'on admet deux étapes de rédaction, on peut aussi supposer que le nom de Marc renvoie plutôt à quelqu'un qui, à Rome, a fait un travail de seconde main, 10 à 15 ans après la première mise en forme, et contenant des retouches personnelles. (Ou alors éventuellement que Marc aurait procédé à deux éditions de son évangile et que c’est la deuxième qu’il y avait lieu de justifier.) Dans ce cas, il s'agirait de défendre le travail de compilation et d'édition d'un texte partiellement né sur la côte palestinienne de la méditerranée (les chapitres 1 à 13) signé d'un compagnon inconnu de Pierre et de Philippe, texte que l'«éditeur» Marc a associé ensuite à une «passion». Le lien avec Pierre – ce personnage symbolisant une tradition autorisée – trouverait en plus sa légitimité historique dans une association supposée avec le probable séjour romain de l'apôtre. On serait donc toujours, mais dans une logique différente, dans la ligne de la thèse d'Etienne Trocmé et de ses deux stades de rédaction.

La théorie de deux éditions successives se trouve encore confirmée par une lecture attentive des évangiles de Matthieu et Luc. Les spécialistes admettent généralement que ces documents se sont en partie basés sur Marc, chacun de leur côté. Or visiblement, sur certaines formulations de détail, ils sont d'accord entre eux CONTRE Marc, du moins le Marc que nous connaissons aujourd'hui...

De cette spéculation des deux éditions, il faut, selon Etienne Trocmé, retenir qu'un récit militant – la prédication et la diffusion de l'évangile sont présentées comme des nécessités absolues – cherchant à régler des comptes avec l'Eglise de Jérusalem, s'est transformé en un recueil de souvenirs destinés à l'édification des croyants, «en une biographie offerte à la méditation d'un lecteur tout à fait étranger aux situations qui lui sont décrites.»
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alain 425

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MessageSujet: Re: Introduction   Mar 15 Fév - 12:08

Bien que Marc semble avoir écrit avant tout pour les Romains, il mentionne et cite les Écritures hébraïques. Il montre que l’œuvre de Jean le baptiseur accomplissait Isaïe 40:3 et Malaki 3:1 (Mc 1:2-4). Son récit donne également différents cas où Jésus fit une application des Écritures hébraïques, les cita ou y fit allusion : le service de Dieu en paroles seulement (Mc 7:6, 7 ; Is 29:13) ; l’honneur dû aux parents (Mc 7:10 ; Ex 20:12 ; 21:17) ; la création de l’homme et de la femme, et l’institution du mariage (Mc 10:6-9 ; Gn 1:27 ; 2:24) ; divers commandements (Mc 10:19 ; Ex 20:12-16 ; Lv 19:13) ; les commentaires de Jésus au sujet du temple (Mc 11:17 ; Is 56:7 ; Jr 7:11) et sa déclaration annonçant qu’il serait rejeté (Mc 12:10, 11 ; Ps 118:22, 23) ; les paroles de Jéhovah à Moïse au buisson d’épines embrasé (Mc 12:26 ; Ex 3:2, 6) ; les deux grands commandements relatifs à l’amour (Mc 12:29-31 ; Dt 6:4, 5 ; Lv 19:18) ; les paroles prophétiques que Jéhovah adressa au Seigneur de David concernant la sujétion des ennemis (Mc 12:36 ; Ps 110:1) ; la dispersion des disciples de Jésus (Mc 14:27 ; Ze 13:7) ; les paroles de Jésus sur son abandon par Dieu (Mc 15:34 ; Ps 22:1) ; ses instructions à un lépreux qu’il avait guéri (Mc 1:44 ; Lv 14:10, 11) ; et sa déclaration prophétique sur la chose immonde qui cause la désolation. — Mc 13:14 ; Dn 9:27.
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