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 Le texte évangélique de césarée

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florence_yvonne
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MessageSujet: Le texte évangélique de césarée   Sam 23 Juin - 22:33

CHRISTIAN-B. AMPHOUX
Filología Neotestamentaria 12 (1999) 3-16


Le texte évangélique de césarée
et le type de texte «césaréen» des evangiles
La critique textuelle du Nouveau Testament s’est trouvée à l’honneur, à l’occasion des soixante-dix ans du prof. J. Neville Birdsall 1, et la coïncidence entre la naissance de cet illustre collègue et l’identification du type de texte "césaréen" a fourni le prétexte au choix de cette communication. Le type de texte "césaréen" des Evangiles groupe des variantes de manuscrits grecs et de versions anciennes de première importance. L’étude de référence est celle de R. P. Blake, K. Lake et S. New, parue dans la Harvard Theological Review en 1928 2. Mais le type de texte "césaréen" n’a pas le monopole du rapport avec Césarée, pour les Evangiles: l’un des grands onciaux, le Codex Sinaïticus, copié au milieu du ive siècle, découvert au monastère du mont Sinaï avec un Nouveau Testament absolument complet, présente divers liens péritextuels avec Césarée. L’étude de référence est, cette fois, le livre de H. J. M. Milne et T. C. Skeat, qui paraît à Londres en 1938 3, après d’autres études parmi lesquelles il convient de retenir l’analyse de M. J. Lagrange, dans son traité de critique textuelle, édité à Paris en 1935 4. Or, le texte de ce manuscrit n’est pas de type "césaréen", mais alexandrin. Pourtant, le type de texte "césaréen" existe bien avant le ive siècle, puisqu’il est cité par Origène, à Césarée entre 230 et 250; il existe aussi après 400, puisque les versions arménienne et géorgienne qui l’attestent sont entreprises dans le second quart du ve siècle. Comment expliquer cette alternance de deux types de texte liés à Césarée?
4


1. Le type de texte "césaréen" des Evangiles

Les témoins grecs du type de texte le plus récemment mis en évidence sont tardifs et contaminés 5: il s’agit, rappelons-le, d’un tétraévangile oncial, le Codex de Koridethi (Q.038), copié à une date incertaine entre le viie et le ixe siècles, en Géorgie, si l’on en croit la forme particulière des lettres; de trois minuscules grecs, copiés aux ixe (min. 565) et xie siècles (min. 28, 700); et de deux familles de minuscules encore plus récents (xie-xve s.), identifiées par Lake (f 1) et par Ferrar (f 13) et contenant en tout une quinzaine de manuscrits 6. Aucun de ces témoins n’atteste constamment le type "césaréen", chacun a son lot important de variantes provenant du type antiochien ou syro-byzantin, courant au Moyen Age, qui recouvre ainsi en partie un type plus ancien; il n’est même pas évident que ces témoins aient tous le même type de texte: en particulier, la famille f 1 paraît souvent suivre une autre tradition que les autres; mais tous ces témoins sont caractérisés par des variantes anciennes qui n’appartiennent à aucun autre type connu et dont quelques unes sont signalées par Origène comme déjà des variantes par rapport au texte qu’il suit ordinairement. C’est ce témoignage d’Origène qui est responsable du qualificatif de "césaréen": il ne désigne donc pas une origine, mais une présence ancienne, dès la période où Origène dirige l’école qu’il a fondée à Césarée, vers 230.

L’origine du type de texte "césaréen" se situe donc avant 250, mais sans date ni localisation certaine. On peut cependant, au vu des premières citations patristiques, exclure d’une part l’occident (ni Rome, ni Carthage, ni Lyon), d’autre part Alexandrie (par comparaison avec Clément). Il reste donc, principalement, deux origines à envisager: Césarée et Antioche.
L’hypothèse d’une origine césaréenne

Si le type de texte naît entre 230 et 250, il peut être originaire de Césarée. La recherche du modèle de la version arménienne, menée à nouveaux frais par J. M. Alexenian et rappelée par lui dans le récent livre offert à B. Metzger et dirigé par B. Ehrman et M. Holmes (1995) 7,
aboutit au rapprochement de cette version, pour les Evangiles, avec la famille f 1, qui présente de nombreux accords avec le type alexandrin, et pour le reste du Nouveau Testament, avec l’ensemble du type de texte alexandrin. Le lien avec f 1 a été observé spécialement pour Luc; et nos observations à propos de l’Epître de Jacques corroborent les conclusions proposées pour le reste du Nouveau Testament. Or, quand Origène arrive à Césarée, il vient d’Alexandrie: si un type de texte nouveau est né à Césarée, on doit s’attendre à ce qu’il présente des accords significatifs avec le type alexandrin. En somme, la version arménienne du Nouveau Testament, entreprise après l’interdiction du Diatessaron (vers 435) et remplaçant la première version des Evangiles qui en dépendait 8, suit un modèle existant au début du ve siècle, dont l’origine pourrait être césaréenne.

Mais seule la famille f 1 présente un tel accord avec le type alexandrin; si l’on songe, pour cette raison, à situer l’origine du type particulier de f 1 à Césarée, il faut y renoncer pour le texte attesté par les autres témoins du type dit "césaréen".

L’hypothèse d’une origine antiochienne

Si le type de texte est antérieur à 230, il ne peut venir de Césarée, où l’école fondée par Origène n’existe pas encore; mais il peut venir d’Antioche, à condition d’être corroboré par des témoignages locaux. Or, les citations évangéliques de Théophile d’Antioche et celles de l’Hippolyte d’Antioche supposé par quelques travaux récents 9, ne suffisent pas à déterminer quel type du texte était lu à Antioche à la fin du iie siècle et au début du iiie; mais il y avait bien un texte évangélique à Antioche, à la fin du iie siècle. D’autre part, dans le livre de B. Ehrman et M. Holmes (n. 6), J. Neville Birdsall fait le point sur la version géorgienne du Nouveau Testament: la question de son origine et de son modèle n’est pas réglée, et faute de mieux, Birdsall en revient aux vues désormais classiques de S. Lyonnet qui envisageait pour la version géorgienne un modèle arménien. Pourtant, à tout le moins pour Luc et pour Jacques, les deux versions ne partent pas du même modèle. La version géorgienne des Evangiles, qui date du milieu du ve siècle, s’apparente davantage aux autres témoins du type "césaréen" qu’à f 1, avec moins de variantes de type alexandrin et davantage d’accords avec le type antiochien. Ainsi, le modèle de cette version, pour les Evangiles comme pour le reste du Nouveau Testament, mêle des variantes "césaréennes", héritées d’un texte probablement lu à Antioche avant 230, et d’autres de type antiochien qui est édité à Antioche vers 380; une
partie des variantes de ce dernier type peuvent exister déjà avant 230, mais d’autres marquent le rajeunissement du texte plus ancien.

Autrement dit, les témoins du type de texte "césaréen" mêlent en réalité deux types distincts, un type ancien qui existe vers 200 avec des variantes caractéristiques et d’autres déjà de type antiochien, et un type plus récent qui a les autres variantes antiochiennes. De plus, à l’intérieur du type "césaréen" proprement dit, il existe deux groupements significatifs avec, d’une part, f 1 et la version arménienne, qui forment un pôle lié à Césarée et n’existe qu’à partir d’Origène, et, d’autre part, les autres témoins grecs et la version géorgienne, pôle plutôt lié à Antioche et existant à une période plus haute, vers 200, voire avant. Origène connaît ce type de texte, il le cite, mais sans le préférer au type alexandrin, tandis que le type de f 1 se développe après lui.

2. Une édition césaréenne vers 340

Les versions arménienne et géorgienne des Evangiles sont datées du second quart du ve siècle. Or, au ive siècle, plusieurs traits rattachent le Codex Sinaïticus ().01) à Césarée. En particulier, le système de divisions du texte évangélique, noté (en partie) de la main même du copiste, utilise la double numérotation des sections ammoniennes et des canons d’Eusèbe 10, et ce manuscrit en est même le premier témoin. De plus, au début du Nouveau Testament, il manque un cahier entier, et cette place correspond à celle que pouvaient occuper la lettre à Carpien et les tables des canons d’Eusèbe, qui vont de pair avec la division. En bref, plusieurs détails établissent un lien privilégié entre le Codex Sinaïticus et Césarée, la copie se situant entre 330 et 360; et Lagrange envisage que le manuscrit ait été "écrit par les soins d’Eusèbe, pour obéir à Constantin, vers 331" (op. cit., p. 92). Et, comme le texte évangélique du Sinaïticus ne suit pas le type "césaréen", mais s’accorde le plus souvent avec celui du Vaticanus et forme même avec lui la base du type de texte alexandrin, Lagrange conclut que le manuscrit viendrait bien de Césarée, mais qu’il aurait eu un modèle égyptien (ibid.). Une telle solution serait paradoxale: Eusèbe est le disciple de Pamphile et dispose, par lui, d’une révision de la Bible faite à Césarée. Pourquoi chercher un modèle différent? De plus, l’unité de type de texte entre le Sinaïticus et le Vaticanus n’est pas constante. En voici deux exemples qui montrent que l’écart est parfois important entre les modèles des deux grands onciaux.


La parabole des deux fils (Mt 21,28-32) 11
a) Forme B1. Le Codex Vaticanus (B) présente ici une forme particulière de la parabole, qui met en premier le fils qui répond " oui " à son père, et fait répondre aux interlocuteurs de Jésus que c’est le dernier fils qui fait la volonté du père. Voici le texte des principales variantes, suivi d’une traduction française qui s’en tient littéralement à chaque mot:
v. 29 o( de\ a)pokriqei\j ei]pen : e0gw&, xu/rie, xai\ ou0x a)ph=lqen, "il répondit: Moi, Seigneur, et il ne s’en alla pas".
v. 30 o( de\ a)pokriqei\j ei]pen : ou0 qe/lw, u3steron metamelhqei\j a)ph=lqen, "il répondit: Je ne veux pas, à la fin, faisant volte face, il s’en alla".
v. 31 le/gousin : o( u3steroj, "ils disent: le final".
On est assuré du caractère égyptien de cette forme, à partir du ive siècle, par la version bohaïrique et une partie des témoins sahidiques.
Forme B2. Avec quelques variantes mineures, cette forme est aussi celle du type de texte "césaréen", représenté par le Codex de Koridethi (Q), la famille f 13 et le min. 700, ainsi que les versions arménienne et géorgienne:
v. 29 o( de\ a)pokriqei\j ei]pen : u9pa&gw, ku/rie, kai\ ou0k a)ph=lqen, "il répondit: J’y vais, Seigneur, et il ne s’en alla pas".
v. 30 o( de\ a)pokriqei\j ei]pen : ou0 qe/lw, u3steron de\ metamelhqei\j a)ph=lqen, "il répondit: Je ne veux pas, mais à la fin, faisant volte face, il s’en alla".
v. 31 le/gousin : o( e1sxatoj, "ils disent: le dernier".
On notera que les trois variantes mineures de la forme B2 se retrouvent dans la forme C. Cette forme B2 existe vers 200, voire un peu avant.

On peut expliquer l’ordre des fils de la forme B, qui n’est pas celui des autres formes, par un rapprochement avec la parabole de l’enfant prodigue (Lc 15,11-32), où c’est aussi le fils aîné qui reste auprès du père, tandis que le plus jeune s’en va, puis change d’attitude et fait la joie de son père. Dans cet ordre, c’est donc le dernier qui a le beau rôle. La forme B, attestée en Egypte (B, co) et par le type "césaréen" (Q, f 3, 700, arm, geo), s’accorde ici avec le Diatessaron, attesté par le Commentaire d’Ephrem (16,18 )

"Que vous en semble? Un homme avait deux fils (...) "Entendu, Seigneur", dit l’un (...) et il n’a pas accompli sa parole. "Lequel a fait la volonté de son père?" Ils jugèrent avec droiture et dirent: "Le second" (Ephrem, Commentaire de l’Evangile concordant, SC 121, L. Leloir éd., Paris, 1966, p. 292).

Ainsi, la forme B existe d’abord dans le Diatessaron, vers 170, et elle s’impose dans les éditions des Evangiles qui précèdent Origène, probablement à Alexandrie (au témoignage du Vaticanus) et à Antioche (au témoignage du type "césaréen").
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: Le texte évangélique de césarée   Sam 23 Juin - 22:34

b) Forme A. La forme B n’est pas celle que commente Origène, qui atteste l’ordre inversé des fils, mais sans préciser la réponse des interlocuteurs: il dit seulement que la bonne réponse est que c’est "le premier" fils qui fait la volonté du père. Le premier témoin explicite de cette réponse placée dans la bouche des interlocuteurs est Eusèbe. Et le Sinaïticus ()) est le premier manuscrit à avoir cette réponse, qui va gagner toute la tradition grecque médiévale:

v. 29 o( de a)pokriqeij ei]pen : ou0 qe/lw, u3steron metamelhqeij a)ph=lqen, "il répondit: Je ne veux pas, à la fin, faisant volte face, il s’en alla".
v. 30 o( de a)pokriqeij ei]pen : e0gw&, xu/rie, xai ou0x a)ph=lqen, "il répondit: Moi, Seigneur, et il ne s’en alla pas".
v. 31 le/gousin : o( prw~toj, "ils disent: le premier".

La forme A n’est donc pas assurée avant le début du ive siècle, où elle n’existe encore qu’à Césarée, et il convient de corriger les apparats critiques qui donnent Irénée et Origène comme ses témoins: elle est l’œuvre probable de Pamphile, qui suit l’exégèse d’Origène et annonce le texte cité par Eusèbe.

c) Forme C. Origène dispose donc à Césarée d’une autre forme encore, celle du texte "occidental", que cite Irénée de Lyon, qui est attestée par le Codex de Bèze (D) et la Vieille latine (it): dans cette forme, le fils qui dit "non" et change d’attitude est encore le premier, mais la réponse des interlocuteurs n’est pas la bonne: ils désignent le dernier fils et non le premier. Le sens général s’en trouve affecté: il y a, chez l’aîné, un départ (ou0 qe/lw, "je ne veux pas" [refus équivalent à une rupture, comme en Mt 22,3]), puis un retour (a)ph=lqen ei0j to_n a)mpelw~na, "il s’en alla dans la vigne" [mouvement contraire au premier]), tandis que chez le second, il y a une servitude (ku/rie, "Seigneur" [pour appeler son père]), puis un non-départ (ou0k a)ph=lqen, il ne s’en alla pas" [donc il reste auprès de son père, travaillant ainsi à la vigne]):

v. 29 o( de a)pokriqeij ei]pen : ou0 qe/lw, u3steron de metamelhqeij a)ph=lqen ei0j to_n a)mpelw~na, "il répondit: Je ne veux pas, mais à la fin, faisant volte face, il s’en alla dans la vigne".
v. 30 o( de a)pokriqeij ei]pen : e0gw&, xu/rie, u9pa&gw, xai ou0x a)ph=lqen, "il répondit: Moi, Seigneur, j’y vais, et il ne s’en alla pas".
v. 31 le/gousin : o( e1sxatoj, "ils disent: le dernier".
La réponse des interlocuteurs ("le dernier") diffère de celle de Jésus ("les péagers et les prostituées", autrement dit "le premier"): deux logiques s’opposent. Pour les interlocuteurs, c’est l’œuvre qui compte,
et c’est le dernier fils qui l’accomplit, il a de plus le rang dans la fratrie que privilégie l’élection divine; la réponse ne fait donc pas de doute. Mais pour Jésus, c’est la disposition du cœur qui a toute l’importance, la réponse attendue est donc le premier fils, malgré l’absence d’œuvre; Jésus lui-même est un fils premier-né qui vient renverser l’élection des derniers nés.

C’est bien la forme C est celle que connaissent Irénée et Origène; mais le premier ne précise pas la réponse des interlocuteurs, et le second donne seulement la réponse attendue, celle de Jésus, sans préciser que les interlocuteurs donnent l’autre. Eusèbe, dans la lignée de l’exégèse d’Origène, ignore la mauvaise réponse, et le Sinaïticus suit cette voie: la réponse des interlocuteurs se conforme à celle de Jésus.

Dans cet exemple, le texte alexandrin (forme B1) existe avant 200, le texte dit "césaréen" (forme B2) vraisemblablement vers 200; mais à Césarée, avant 250, Origène lui préfère le texte "occidental" (forme C), qui va devenir, sous l’influence de l’exégèse d’Origène, le texte courant (forme A), cité par Eusèbe, avant 331, et attesté par le Sinaïticus. Puis au ve siècle, alors que la forme B sert encore de modèle aux versions copte, arménienne et géorgienne, la forme A s’impose notamment en grec et en syriaque 12.
Le Notre Père (Lc 11,2-4) 13

a) Formes courtes. Le second exemple est le Notre Père de Luc. La forme courante éditée et traduite aujourd’hui est une forme courte (à cinq demandes), c’est celle du P. Bodmer XIV (P75) et du Vaticanus (B), elle est attestée par Origène, traduite par la Vieille syriaque (sys) et la Vulgate latine (vg), conservée encore par la famille f et la version arménienne (arm); elle est proche de la forme marcionite (ci-après, à droite) que nous connaissons par Tertullien:

pa&ter
pa&ter

1. a(giasqh/tw to_ o1noma& sou
1. a(giasqh/tw to_ pneu~ma& sou

2. e0lqe/twh9 basilei/a sou

2. e0lqe/tw h9 basilei/a sou

4. to_n a!rton h9mw~n to_n e0piou/sion

4. to_n a!rton sou~ to_n e0piou/sion

di/dou h9mi=n to_ kaq h9me/ran

di/dou h9mi=n to_ kaq h9me/ran

5. kai a!fej h9mi=n ta_j a(marti/aj h9mw~n

5. kai a!fej h9mi=n ta_j a(marti/aj h9mw~n

kai ga_r au0toi a)fi/omen panti o(fei/lonti h9mi=n

kai ga_r au0toi a)fi/omen panti o0fei/lonti h9mi=n

6. kai mh ei0sene/gkh|j h9ma~j ei0j peirasmo&n

6. kai mh a!fej h9ma~j ei0senexqh=nai ei0j peirasmo&n

Père

Père

1. sanctifié soit ton nom

1. sanctifié soit ton esprit

2. vienne ton règne
2. vienne ton règne

4. notre pain à venir donne-nous chaque jour
4. ton pain à venir donne-nous chaque jour

5. et remets-nous nos péchés
5. et remets-nous nos péchés

car nous-mêmes aussi remettons à tout débiteur

car nous-mêmes aussi remettons à tout débiteur


6. et ne nous conduis pas dans l’épreuve

6. et ne nous laisse pas conduire dans l’épreuve

Voilà donc deux formes courtes du Notre Père, l’une assurée en Egypte dès 200, adoptée plus tard en occident (fin ive s.), puis à Césarée et en Syrie et gagnant de là l’Arménie (ve s.); l’autre, celle de la recension marcionite de Luc (Rome, vers 140).

b) Formes moyennes. Il existe, d’autre part, des formes moyennes (à six demandes) dont deux sont conservées en grec, celle du min. 700 (à gauche), qui est caractérisée par sa deuxième demande particulière, et celle du Sinaïticus ()) qui lui est propre:

pa&ter

pa&ter

1. a(giasqh/tw to_ o1noma& sou

1. a(giasqh/tw to_ o1noma sou


2. e0lqe/tw e0f h9ma~j to_ pneu~ma& sou to_ a3gion

2. e0lqe/tw h9 basilei/a sou


3. genhqh/tw to_ qe/lhma& sou

3. genhqh/tw to_ qe/lhma& sou


w(j e0n ou0ranw~| kai e0pi gh=j

w(j e0n ou0ranw~| kai e0pi gh=j


4. to_n a!rton h9mw~n to_n e0piou/sion

4. to_n a!rton h9mw~n to_n e0piou/sion


di/dou h9mi=n to_ kaq h9me/ran

do_j h9mi=n to_ kaq h9me/ran


5. kai a!fej h9mi=n ta_j a(marti/aj h9mw~n

5. kai a!fej h9mi=n ta_j a(marti/aj h9mw~n


kai ga_r au0toi a)fi/omen panti o0fei/lonti h9mi=n

w(j kai au0toi a)fi/omen panti o0fei/lonti h9mi=n


6. kai mh ei0sene/gkh|j h9ma~j ei0j peirasmo&n

6. kai mh ei0sene/gkh|j h9ma~j ei0j peirasmo&n
[i]Père

Père


1. sanctifié soit ton nom

1. sanctifié soit ton nom


2. vienne sur nous ton esprit sain

2. vienne ton règne


3. advienne ta volonté

3. advienne ta volonté


comme au ciel aussi sur terre

comme au ciel aussi sur terre


4. notre pain à venir donne-nous chaque jour

4. notre pain à venir donne-nous chaque jour


2. et remets-nous nos péchés

5. et remets-nous nos péchés


car nous-mêmes aussi remettons à tout débiteur

comme nous-mêmes aussi remettons à tout débiteur


6. et ne nous conduis pas dans l’épreuve

6. et ne nous conduis pas dans l’épreuve
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: Le texte évangélique de césarée   Sam 23 Juin - 22:38

[/i] La demande 2 particulière du min. 700 est ici abrégée: elle dit "Vienne sur nous ton esprit saint et qu’il nous purifie"; notons que Marcion introduit également l’esprit, mais à la place du nom (demande 1) et non du règne (demande 2). L’ancienneté de cette demande est garantie par le témoignage de Grégoire de Nysse, qui la donne comme la leçon primitive de Luc. Sans le suivre aussi loin, contre la tradition manuscrite, on peut en conclure que la substitution se produit dès le iie siècle, et que le min. 700 atteste ici une vieille édition, sans doute, comme pour l’exemple précédent, celle réalisée à Antioche vers 200, avant Origène.

Les deux formes moyennes du min. 700 et du Sinaïticus ont une parenté probable: la forme du Sinaïticus garde la structure à six demandes de celle du min. 700, mais s’éloigne par plusieurs corrections: la demande sur le règne est rétablie, et l’impératif aoriste de la demande sur le pain a une autre origine.

Une troisième forme moyenne est attestée par les versions copte sahidique et géorgienne: elle comporte l’adresse complète ("Notre Père qui es aux cieux"), mais pas la formule centrale ("comme au ciel aussi sur terre") ni la demande 7. La version géorgienne a donc ici un substrat qui n’est ni celui des autres formes moyennes, ni celui de la version arménienne.

c) Formes longues. Il existe encore deux formes, avec l’adresse, la formule centrale et les 7 demandes: l’une (à droite) est celle du Codex Alexandrinus (A) et du type de texte syro-byzantin, elle est manifestement liée à la forme courte et apparaît à Antioche, vers 380; l’autre (à gauche) est celle du Codex de Bèze (D), à première vue harmonisante avec Matthieu, mais à y regarder de plus près, probablement primitive, car c’est la forme à partir de laquelle s’explique celle de Marcion et la diversité des autres.

pa&ter h9mw~n o( e0n toi=j ou0ranoi=j

pa&ter h9mw~n o( e0n toi=j ou0ranoi=j


1. a(giasqh/tw to_ o1noma& sou

1. a(giasqh/tw to_ o1noma& sou


2. e0lqe/tw e0f h9ma~j sou h9 basilei/a

2. e0lqe/tw h9 basilei/a sou


3. genhqh/tw to_ qe/lhma& sou

3. genhqh/tw to_ qe/lhma& sou


w(j e0n ou0ranw|~ kai\ e0pi\ gh=j

w(j e0n ou0ranw|~ kai\ e0pi\ gh=j


4. to_n a!rton h9mw~n to_n e0piou/sion

4. to_n a!rton h9mw~n to_n e0piou/sion


do_j h9mi=n sh/meron

di/dou h9mi=n to_ kaq h9me/ran


5. kai\ a!fej h9mi=n ta_ o0feilh/mata h9mw~n

5. kai\ a!fej h9mi=n ta_j a(marti/aj h9mw~n


w(j kai\ h9mei=j a)fi/omen toi=j o0feile/taij h9mw~n

kai\ ga_r au0toi\ a)fi/omen panti\ o0fei/lonti h9mi=n


6. kai\ mh\ ei0sene/gkh|j h9ma~j ei0j peirasmo&n

6. kai\ mh\ ei0sene/gkh|j h9ma~j ei0j peirasmo&n


7. a)lla_ r(u~sai h9ma~j a)po_ tou~ ponhrou~

7. a)lla_ r(u~sai h9ma~j a)po_ tou~ ponhrou~
Notre Père qui es aux cieux

Notre Père qui es aux cieux


1. sanctifié soit ton nom

1. sanctifié soit ton nom


2. vienne ton règne

2. vienne ton règne


3. advienne ta volonté

3. advienne ta volonté


comme au ciel aussi sur terre

comme au ciel aussi sur terre


4. notre pain à venir donne-nous aujourd’hui

4. notre pain à venir donne-nous chaque jour


5. et remets-nous nos dettes

5. et remets-nous nos péchés


comme nous aussi remettons à nos débiteurs

car nous-mêmes aussi remettons à tout débiteur


6. et ne nous conduis pas dans l’épreuve

6. et ne nous conduis pas dans l’épreuve


7. mais délivre-nous du méchant

7. mais délivre-nous du méchant

La forme longue du Codex de Bèze (à gauche) a toutes les chances d’être celle du modèle de Marcion: à partir d’elle, la forme de Marcion s’explique comme une révision qui élimine une écriture numérique, et toutes les autres formes se diversifient à partir du travail de Marcion. En particulier, l’impératif aoriste de la demande sur le pain s’explique comme une survivance isolée, dans le Sinaïticus, qui vient du texte "occidental" (D) et que Marcion a remplacé par un présent. La forme courte alexandrine est une reprise de Marcion avec un minimum de changements; ailleurs, la reprise est plus critique, mais certaines variantes introduites par Marcion font l’unanimité, à l’exception de la Vieille latine qui maintient le texte le plus ancien, peut-être par influence de la liturgie.

Ainsi, les nombreux accords entre le Vaticanus et le Sinaïticus ne font pas d’eux les représentants constants d’une seule forme du texte évangélique, il y a lieu de considérer leurs variantes comme significatives de deux projets éditoriaux, tous deux vers 340, l’un, plus synthétique et novateur, à Césarée, et l’autre, plus respectueux de la tradition antérieure remontant à la fin du iie siècle, à Alexandrie.
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: Le texte évangélique de césarée   Sam 23 Juin - 22:39

3. Repères pour le texte des Evangiles lu à Césarée

Les deux exemples que nous venons d’examiner permettent de distinguer plusieurs périodes, concernant le texte de Césarée.
Une édition prôto-antiochienne, vers 200

Le type de texte "césaréen" représente une édition des Evangiles existant avant Origène et connue de lui, mais venant plutôt d’Antioche que de Césarée.

Les éditions de vers 200. Ainsi, on conserve les traces de deux éditions des Evangiles vers 200 ou un peu avant, l’une à Alexandrie, et l’autre probablement à Antioche. L’édition d’Alexandrie est représentée par plusieurs papyrus anciens (P45, P66, P75) qui montrent que le texte est recopié librement (P45, P66), que Marc n’est pas encore de type alexandrin (P45 comparé à B), et que les Actes faisaient partie de cette édition (P45). Les témoins de l’édition d’Antioche n’ont, au contraire, que les quatre Evangiles: tel serait donc le contenu originel de cette édition.

Les écoles romaines. Ces deux éditions poursuivent un travail commencé par les écoles romaines qui reconstituent, après 135, les principaux courants du christianisme primitif: le courant paulinien, avec Marcion, qui dévie vers le docétisme, mais révise Luc et édite les Epîtres de Paul; le courant helléniste, avec Valentin, puis Héracléon, qui dévie vers le gnosticisme, mais commente Jean; et le courant pétrinien, avec Justin, puis Tatien, qui dévie vers l’encratisme, mais utilise Matthieu comme la base du Diatessaron.

Le texte "occidental". Ces écoles romaines disposent du même texte des Evangiles, c’est le texte "occidental" dont le Codex de Bèze est le principal témoin, texte encore inconnu de Clément de Rome et d’Ignace d’Antioche et dont l’origine se situe à Smyrne au temps du jeune Polycarpe, vers 120, dans une édition qui a un caractère didactique. L’objectif des éditions de la fin du iie siècle est de rendre lisible ce texte devant l’assemblée des fidèles: la destination devient liturgique, au moins pour Matthieu, Luc et Jean. Marc, en revanche, au témoignage d’Origène 14, est encore d’un accès réservé.

Au temps d’Origène (iiie s.). Avec l’installation d’Origène à Césarée, venant d’Alexandrie vers 230, c’est le texte de l’édition d’Alexandrie qui prédomine; l’autre, celle d’Antioche, n’est citée qu’occasionnellement; quant au texte "occidental", il est attesté à maintes reprises, et parfois préféré. Ainsi, plusieurs éditions coexistent à l’époque d’Origène, et cette diversité est encore accrue par la liberté de copie qui apparaît, notamment en Egypte. Tout cela gêne le travail d’exégèse; Origène s’en plaint, et il appelle ses successeurs à entreprendre le travail de révision qu’il a accompli pour la Septante, avec son édition des Hexaples. Césarée devient ainsi le lieu destiné à l’unification du texte évangélique qui existe sous trois types au moins ("occidental", "césaréen", alexandrin) et connaît de plus une certaine diversité de transmission dans le type dominant (et peut-être aussi les autres). Or, on trouve une telle réalisation à la fois dans la famille f, qui présente un mélange de variantes appartenant aux divers types existant et quelques unes nouvelles, et dans le Codex Sinaïticus, plus nettement dominé par le type égyptien, mais attestant quelques remarquables influences des autres types. Le vœu d’Origène s’est donc exaucé; mais pour notre perplexité, cet exaucement a été réalisé au moins à deux reprises, et il nous incombe d’en préciser la chronologie.
L’édition eusébienne de Césarée (après 330)

On connaît l’existence de la recension de Pamphile par plusieurs témoignages, en particulier celui de Jérôme. Cette recension est entreprise vers 300, Pamphile étant mort martyr vers 310. Or, le colophon du Codex Coislinianus des Epîtres de Paul (H.014, vie s.) a un intérêt tout spécial: il associe le nom de Pamphile comme ancien propriétaire du modèle copié, et celui de Césarée à un texte de type alexandrin, qui a la division euthalienne:

a)nteblh/qh de\ h9 bi/bloj pro_j to_ e0n Kaisarei/a| a)nti/grafon th=j biblioqhkh=j tou~ a(gi/ou Pamfi/lou xeiri\ gegramme/non, "le livre a été collationné sur un exemplaire de Césarée, de la bibliothèque de saint Pamphile, écrit à la main" (Paris, BnF, Coislin 202, f. 14r-v).

A défaut d’un tel témoignage pour les Evangiles, on doit rapprocher la situation du Codex Sinaïticus de ce dernier manuscrit: lui aussi présente un texte de type alexandrin, divisé par un système né après le travail de Pamphile. Quant au manuscrit, sa copie n’est pas postérieure à 360. Tout suggère donc que le Sinaïticus soit, avec la recension de Pamphile (pour le Nouveau Testament à tout le moins), un exemplaire d’une édition entreprise à l’époque d’Eusèbe ou un peu après lui, à Césarée. L’influence dominante est celle du type alexandrin, mais on sent aussi d’autres influences, celle de l’exégèse d’Origène, celle de l’édition prôto-antiochienne, celle du texte "occidental"; enfin, la disposition en colonnes rappelle celle des Hexaples, présentant jusqu’à six versions grecques à côté du texte hébreu et de sa translittération grecque, soit au total huit colonnes disposées sur une double page.

Avec un type de texte voisin et un autre système de divisions, le Codex Vaticanus représente une autre édition que tout rattache à Alexandrie: le type de texte, qui est très proche pour Luc et Jean du P. Bodmer XIV-XV (P75) et qui pour Paul marque une évolution par rapport au P. Chester Beatty II (P46); l’âge du manuscrit, copié comme le Sinaïticus vers 350; le système de divisions, qui n’existe que dans deux autres manuscrits, C.040 et 579, également de type alexandrin. L’état de conservation des grands onciaux () B) pourrait avoir comme explication une volonté délibérée de mettre à l’abri un exemplaire des deux premières éditions de la Bible grecque, entreprises après le Concile de Nicée (325), au début de la christianisation de l’Empire romain. Puis, vers 360, Basile de Césarée appellera de ses vœux un nouveau système de divisions qui comprend une numérotation et des titres (ou sommaires): c’est l’ancêtre de la division en chapitre, et elle annonce celle qui sera mise au point à Antioche, vers 380, et dont l’Alexandrinus (ve s.) est le tout premier témoin.

Une nouvelle édition à Césarée, après 400?

Les éditions de la Bible grecque représentées par ces trois grands onciaux n’ont pas suffi à fixer le texte du Nouveau Testament, et le travail éditorial continue, au ve siècle, à établir des formes nouvelles. Il est frappant de constater le relatif isolement du Sinaïticus et du Vaticanus, par rapport à la tradition ultérieure, ainsi que celle de l’Alexandrinus, pour le Nouveau Testament, les Evangiles mis à part. Les nouvelles éditions mêlent volontiers leurs aînées du ive siècle, il leur arrive aussi d’introduire des variantes nouvelles. Or, ce cadre convient fort bien au texte particulier de la famille f 1, pour les Evangiles. La parenté avec la version arménienne impose comme date limite env. 430; et un colophon, après Marc 16,8, dans cette famille, signale l’absence de la Finale longue (16,9-20) dans certains manuscrits, comme l’attestent effectivement le Sinaïticus et le Vaticanus, et chez Eusèbe, mais sa présence dans beaucoup d’autres exemplaires:
e0n tisi\ me\n tw~n a)ntigra/fwn e#wj w[de plhrou~tai o( eu0aggelisth\j e#wj ou[ kai\ Eu0se/bioj o( Pamfi/lou e0kano&nisen, e0n polloi=j de\ kai\ tau~ta fe/retai, "Dans quelques exemplaires, l’évangéliste va jusqu’ici, et c’est jusqu’à ce point qu’Eusèbe le disciple de Pamphile a noté les canons; mais dans beaucoup d’autres, on trouve encore [v. 9-20]".
La famille f 1 représente ainsi, selon toute vraisemblance, une édition dérivée de l’édition eusébienne. Cela ne suffit pas à garantir qu’elle soit aussi réalisée à Césarée, car la situation du ve siècle est plus confuse, et d’autres pourraient y prétendre (comme le Codex Ephraemi rescriptus, C.04). Mais le modèle de la famille f 1 subit manifestement une influence césaréenne.

Conclusion

Le type de texte "césaréen" ne se confond pas avec le texte lu à Césarée: telle est la conséquence des appellations géographiques données aux types de texte grecs du Nouveau Testament. On repère ce type à deux moments particuliers: avant Origène, puisque celui-ci le cite, il s’agit alors, probablement, d’une édition prôto-antiochienne, entreprise vers 200; et avant l’interdiction du Diatessaron (vers 435), il s’agit alors de diverses reprises de cette édition prôto-antiochienne, toutes largement contaminées par la nouvelle édition antiochienne qui intervient vers 380 et contient de nombreuses innovations. En somme, à l’exception de la famille f 1 qui peut avoir une origine césaréenne, le reste du type de texte est plutôt antiochien.

On peut ainsi suivre l’histoire du type de texte et l’articuler avec le texte édité à Césarée un peu après 330, qui est attesté par le Codex Sinaïticus. Et il en va des autres types comme de celui-ci: chacun a une histoire en plusieurs étapes, depuis ses origines jusque vers le milieu du ve siècle.

Ces conclusions devraient faire avancer la caractérisation des versions arménienne et géorgienne du Nouveau Testament: leurs apparentements linguistiques ne signifient pas que l’une ait servi de modèle à l’autre; et quelle que soit la langue de chaque modèle, au bout du compte, l’une et l’autre font bien partie de ce type de texte, plutôt césaréen pour l’arménienne, et plutôt prôto-antiochien pour la géorgienne. De même, pour l’Epître de Jacques, le modèle de la version géorgienne diffère de celui de l’arménienne, et la récente édition critique permet d’en juger plus précisément 15. Pour les Evangiles, nous avons pris deux exemples: la Parabole des deux fils (Mt 21,28-32), qui présente plusieurs formes, les deux versions attestant la même forme B, représentée par Q, f 13 et 700; et le Notre Père (Lc 11,2-4), où la version arménienne a la forme courte qui est aussi celle de f 1, tandis que la géorgienne a une forme moyenne particulière, avec l’adresse et sans la deuxième demande sur l’esprit du min. 700. Le type de texte "césaréen" est si divers que J. Duplacy a pu douter de son existence; mais il apparaît avec netteté et simplicité, si l’on distingue les principales périodes de l’existence d’un texte ayant un rapport avec Césarée.





Espace Jean-Duplacy,
30 rue Caladons
F 34400 Lunel (france)

Christian-B. AMPHOUX



NOTES
1 Cette journée d’hommages a eu lieu à Birmingham, le 26 mai 1998.
2 The Cesarean Text of the Gospel of Mark, dans HThR 21/4, pp. 207-404.
3 Scribes and Correctors of the Codex Sinaïticus, pp. 66-69.
4 Introduction à l’étude du Nouveau Testament : 2. Critique textuelle, 2. La critique rationnelle, Etudes bibliques, pp. 91-92. Voir dans le même livre les pages consacrées au type de texte "césaréen" (pp. 154-168), complétées par une contribution de S. Lyonnet (pp. 342-386) sur les versions arménienne et géorgienne.
5 Nous excluons des témoins du type "césaréen" le papyrus de Chester Beatty I (p45), copié au début du iiie s., et le Codex de Freer (W.032), du Ve s., parfois assimilés à ce type, mais à tort.
6 Les cotes de ces manuscrits figurent dans les introductions au texte ou à la critique textuelle du Nouveau Testament; par ex. L. Vaganay - C.-B. Amphoux, An Introduction to New Testament Textual Criticism, trad. J. Heimerdinger, Cambridge, 1991. La liste des manuscrits grecs du Nouveau Testament a été mise à jour en 1994 (K. Aland, Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments, 2e éd., ANTT 1, Berlin - New York).
7 The Text of the New Testament in Contemporary Research. Essays on the Status Quaestionis, Studies and Documents 46, Grand Rapids; J. M. Alexenian, The Armenian Version, pp. 157-172; J. N. Birdsall, The Georgian Version, pp. 173-187.
8 C’est la thèse exposée par S. Lyonnet, dans Les origines de la version arménienne et le Diatessaron, Biblica et Orientalia 13, Roma, 1950: elle est désormais admise.
9 J.-P. Bouhot, L’auteur romain des Philosophoumena et l’écrivain Hippolyte, dans Ecclesia orans 13 (1996), pp. 137-164.
10 Rappelons que la division dite "eusébienne" du texte évangélique comprend une numérotation continue du texte de chaque évangile attribuée à Ammonius, chaque section étant définie par la nature et le nombre de ses parallèles, et un deuxième nombre variant de 1 à 10 et destiner à grouper les numéros des sections en tables (ou "canons"), selon le nombre des parallèles. Cette numérotation est reproduite en marges intérieures dans l’éd. Courante de Nestle-Aland (27e éd., 1993).
11 Cette présentation s’inspire de notre étude Les contextes de la parabole des deux fils, parue dans Langues orientales anciennes, philologie et linguistique 3 (1991), pp. 215-248.
12 La situation est plus confuse en latin : il est possible que Jérôme ait conservé la forme C de la vieille latine; quelques anciens témoins de la Vulgate l’attestent; mais d’autres ont la forme A qui devient la forme courante au Moyen Age.
13 Cf. notre étude La révision marcionite du Notre Père de Luc et sa place dans l’histoire du texte, dans R. Gryson - P.-M. Bogaert (éd.), Recherches sur l’histoire de la Bible latine, Cah. de la RThL 19, Louvain-la-Neuve, 1987, 105-121.
14 Répondant à Celse qui ironise sur la profession de charpentier de Jésus, Origène écrit : "Nulle part, dans les évangiles portés par les églises, il n’est dit que Jésus fût lui-même charpentier" (Contre Celse, 6,36). Or, le mot se trouve en Mc 6,3. M. Borret conclut imprudemment qu’Origène lisait un autre texte; mais la critique externe montre que les types remontant au iie siècle ont tous cette leçon, autrement dit qu’Origène ne pouvait l’ignorer. On est donc conduit à conclure que, pour Origène, Marc n’était pas " porté " par les églises, c’est-à-dire qu’il n’était pas lu, ce que confirme par ailleurs la critique externe.
15 B. Aland, K. Aland, G. Mink, K. Wachtel, Novum Testamentum graecum editio maior critica : IV Die katholischen Briefe : 1. Text, 1) Der Jakobusbrief; 2. Begleitende Materialen, 1) Der Jakobusbrief, 2 fasc. (102 + 39 p.), Stuttgart, 1997.
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MessageSujet: adresse originale   Dim 16 Sep - 13:15

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