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 La recherche du Jésus historique

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florence_yvonne
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MessageSujet: La recherche du Jésus historique   Sam 23 Juin - 23:28

Rappel du premier message :

Armand PUIG I TÀRRECH
Biblica 81 (2000) 179-201

La méthode historique est née avec les Lumières et, par conséquent, fait partie de la modernité. Or, dans une culture qui a cherché, dès le début, la justification de la réalité à travers la raison et qui a voulu percer le passé en suivant la méthode critique, la question sur la crédibilité de ce passé reste au centre de l’attention. Et dans la mesure où Jésus de Nazareth appartient aussi au passé, une théologie consciente du monde où nous vivons ne peut diminuer la portée ni les conséquences de la quête du Jésus historique. Les croyants et même ceux qui se placent dans la périphérie de la foi réclament une approche solide à la personne, la vie et le message de celui qui fonde le christianisme. La culture actuelle, une culture de la postmodernité, s’intéresse au personnage concret et particulier, à la fascination et au mystère qui entourent la figure du fils du charpentier. Le succès médiatique des approches à Jésus montre le besoin de le connaître. D’autre part, il est évident que pour la théologie la figure de Jésus n’est pas secondaire. L’objet de la foi est une personne, vivante à jamais, à laquelle on donne une adhésion totale en fondant sur lui la propre vie. Or, cette confession de foi se fait sur le crucifié et le ressuscité, sur l’anéanti et l’exalté. Le kérygme s’inscrit dans l’histoire. Le Christ glorieux s’identifie avec celui qui est né de la souche de David. Un christianisme sans Jésus resterait vide d’humanité, il aurait écarté l’incarnation et risquerait une lecture de type gnostique. Mais, surtout, ce serait un christianisme partiel, sans une vraie confession de foi. La quête du Jésus historique est une tâche pour l’historien, mais elle intéresse aussi le théologien et, donc, l’exégète. La recherche sur Jésus doit envisager, finalement, l’ensemble de sa figure. Dans Jésus de Nazareth on découvre une réalité riche et complexe, insaisissable, dont la clé de voûte est son rapport avec Dieu. C’est pourquoi celui qui s’approche du Jésus historique doit maîtriser la méthode historico-critique et, en même temps, il doit posséder une sensibilité religieuse suffisante pour intégrer la présence du Transcendent dans l’interprétation des matériaux analysés. Après deux-cents ans de séparation douloureuse, le moment est arrivé d’entreprendre un chemin qui puisse raccourcir la distance entre l’histoire et la foi.
La méthodologie historique
Nous devons nous attarder sur deux sujets: les sources et les critères d’historicité. En ce qui concerne les sources, cette étude va envisager seulement celles qui parlent directement de Jésus. Quant aux critères, on va présenter l’état de la question et les possibilités de développement ouvertes récemment.
1. Les sources
La recherche actuelle confirme que les principales sources historiques sur Jésus se trouvent dans les quatre évangiles canoniques. Retracer le Jésus historique signifie considérer, tout d’abord, les matériaux qu’une analyse de l’histoire des traditions puisse decéler des sources suivantes: Q, Marc, Matthieu, M (= source propre à Mt), Luc, L (= source propre à Lc) et Jean. En plus, il faut ajouter la collection de logia appelée Evangile de Thomas (ou, tout simplement, Thomas) et quelques textes des Actes des Apôtres et de Paul. En dehors du Nouveau Testament, Josèphe reste la source la plus significative. Ainsi pour un bon nombre d’auteurs les sources se réduisent à Josèphe et au Nouveau Testament1. En effet, une question très discutée est la valeur qu’on doit accorder aux autres sources: les agrapha (en particulier les ajouts postérieurs aux manuscrits du Nouveau Testament et les logia chez Papias et les Pères), les évangiles non-canoniques (les évangiles judéo-chrétiens, les évangiles gnostiques et les évangiles proches des synoptiques et de Jean) et les matériaux non-chrétiens (sources rabbiniques et targumiques)2. La redécouverte du caractère juif (Jewishness) de Jésus a poussé beaucoup d’exégètes à chercher dans le judaïsme du Ier. siècle tout ce qui peut faire comprendre les actions, et non seulement les paroles, de Jésus3. E.P. Sanders, par exemple, insiste pour situer Jésus dans l’horizon du judaïsme de son époque. Il est vrai que le Jésus historique ne peut être déraciné de son peuple. Mais un poids excessif accordé aux sources rabbiniques conduit à dessiner une image de Jésus qui n’intègre pas tous les éléments. En plus, l’usage des sources juives pose le problème de la chronologie, du fait que la plupart de ces sources sont postérieures au Ier. siècle. On doit donc se demander jusqu’à quel point elles reflètent la Palestine du temps de Jésus. Il faut en juger selon le cas. De son côté, la recherche de J. Jeremias sur les agrapha a apporté des résultats plutôt minces: dix-huit logia, très brefs, qui, d’après cet exégète, ne seraient qu’échos des évangiles canoniques4.
La discussion des dernières années se fait en bonne partie sur les textes gnostiques. L’extraordinaire découverte de Nag Hammadi (1945) a élargi les perspectives d’étude du Jésus historique. L’évangile de Thomas a mérité l’attention des exégètes. On a travaillé sur NHC II,2-7 (texte complet en copte) et les papyri Oxyrrinchus 1, 654 et 655 (fragments en grec) pour essayer d’interpréter un document assez hermétique, dont la contribution à l’étude du Jésus historique divise profondément les auteurs. H. Koester, avec J.M. Robinson, J.D. Crossan et S.J. Patterson, soutient que Thomas rapporte des traditions sur Jésus indépendantes des évangiles synoptiques, lesquelles remon-teraient à une période antérieure à l’année 70 ap. J.C. De son côté, Theissen place le terminus ad quem enl’an 140 ap. J.C.5. Mais, d’autre part, des auteurs comme W. Schrage, R.E. Brown et R.M. Grant situent Thomas au IIe. siècle ap. J.C. D’après Meier, Thomas a utilisé Matthieu et Luc et, pour cela, il est une source tout à fait secondaire dans la recherche du Jésus historique. Meier se présente comme un pêcheur assis au bord de la mer qui rejetterait à l’eau les mauvais poissons, c’est-à-dire, les matériaux non significatifs, entre autres l’Évangile de Thomas6. Crossan, de son côté, place son poisson préféré dans une assiette, accompagné de trois autres pièces, qu’il considère de grande qualité, et il les offre à ceux qui désirent goûter de nouvelles spécialités. En 1985 il publie les évangiles "alternatifs" (Four Other Gospels): Thomas, Pierre, l’Évangile Secret de Marc et le Papyrus Egerton 27. D’après Crossan, il s’agit de quatre témoins exceptionnels sur le Jésus historique qui conservent des traditions parallèles et/ou antérieures aux synoptiques. L’hypothèse la plus bouleversante — et la plus fantaisiste — se réfère à l’Évangile de Pierre: derrière cet évangile il y aurait l’"Évangile de la croix", qui serait une source commune aux récits de la passion des évangiles canoniques8. Même pour Theissen, Évangile de Pierre 8,28–11,49 serait le récit le plus ancien de la résurrection de Jésus9.
Au moment présent de la recherche les positions sont divisées entre les sceptiques et les enthousiastes de Thomas. On a l’impres-sion que la discussion se porte parfois sur la valeur théologique de ce texte. On dit que les quatre évangiles canoniques représenteraient le christianisme ecclésiastique, établi, traditionnel, alors que les "quatre autres évangiles" (plus celui de Jean?) seraient le nouveau texte "canonique" (celui canonisé par une stricte critique historique!) d’un christianisme alternatif. Une opposition de ce genre risque de faire tomber la discussion scientifique dans un cul-de-sac10. Si nous nous bornons aux problèmes exégétiques, on doit encourager les efforts pour élargir la base de la recherche sur le Jésus historique. Mais, en ce qui concerne l’Évangile de Thomas, document déjà utilisé par Jeremias et Hunzinger dans la "récupération" des paraboles attribuables à Jésus, il faut avouer qu’il offre des matériaux assez limités11. En outre, la datation de ce document continue à présenter des difficultés. La rédaction actuelle ne va pas au delà de la destruction de Jérusalem (cf. logion 71). Et, comme Theissen le reconnaît (cf. n. 5 de cet article), on ne peut pas exclure que les évangiles synoptiques aient influencé Thomas.
Par conséquent, il vaut mieux abandonner les hypothèses globales sur ce document du christianisme primitif (indépendant des Synoptiques? texte gnostique? évangile archaïque?); il faut plutôt se concentrer dans l’étude du processus tradition-rédaction chez Thomas. On devrait se demander, par exemple, s’il y a un noyau de logia sans influence gnostique qui soit comparable à Q, une autre collection de logia. Est-ce que ce noyau apporterait des matériaux vraiment nouveaux? Ou bien ce noyau se confondrait-il avec la tradition synoptique, dont il serait une sorte d’écho? Il faut attendre une analyse poussée des 114 logia de Thomas considérés en eux-mêmes et par rapport à la tradition synoptique12. De la sorte on pourrait préciser et nuancer les conclusions, même si la méthode de travail est plus lourde13. On pourrait ainsi vérifier, par exemple, la suggestion de la dépendance de Thomas d’une harmonie des quatre évangiles canoniques, au style de Tatien, auteur connu par le même Thomas14. En tout cas, et dans l’état actuel de la recherche, la possibilité de retrouver dans l’Évangile de Thomas quelques traditions indépendantes (ou parallèles à celles des synoptiques), qui remonteraient à Jésus, doit rester tout à fait ouverte15.
Bref, l’Évangile de Thomas doit être fouillé avec soin pour avancer dans l’histoire interne de ce texte16 et fixer la nature du document. Le manque de narrativité dans Q et Thomas, en contraste évident avec les évangiles synoptiques, oblige à distinguer entre "évangile" et "source de logia". Même si Thomas s’accorde à lui-même la dénomination d’"évangile" (certainement, c’est Jésus qui parle), la forme littéraire du texte le rapproche de Q beaucoup plus que des synoptiques. Par conséquent, si on tient compte de ce qu’on appelle "biographie ancienne" dans la littérature gréco-romaine, il est préférable de ne pas appliquer le terme d’"évangile" à Thomas.
2. Les critères d’historicité
Un des points les plus controversés dans la recherche récente du Jésus historique est, sans aucun doute, la question des critères d’approche aux textes17. La "nouvelle quête" se caractérisait par l’usage du critère de discontinuité, appuyé par le critère de cohérence et éventuellement d’autres critères mineurs. On pensait que ces deux critères pouvaient nous conduire à ce qui est propre et exclusif (uniqueness) de Jésus de Nazareth. A travers le critère de discontinuité ou dissemblance, utilisé comme le seul critère, on essayait d’arriver au noyau indiscutable du message et de la vie de Jésus. On écartait tout ce qui pouvait se dériver ou être apparenté au judaïsme et au christianisme primitif. On appliquait une sorte de purification de tous les parallèles possibles et ainsi on était sûr de parvenir aux logia authentiques de Jésus. Dans un deuxième moment, et à partir de ce noyau on appliquait le critère de cohérence: les matériaux proches au judaïsme et au christianisme primitif pouvaient être "récupérés" dans la mesure où ils se laissaient insérer dans un tableau d’ensemble dessiné à l’aide du critère de discontinuité.
Or, la "troisième quête" se caractérise par une révision des deux critères mentionnés (Theissen) et par l’intégration de nouveaux critères (Crossan, Meier). En tout cas, l’utilité des deux instruments méthodologiques de la "nouvelle quête" avait été mise en question par J.M. Robinson, J.I.H. McDonald et M. Hooker, parmi d’autres. D’après Hooker, le critère de discontinuité se base sur la confusion entre "différent" et "caractéristique". Or, on fixe ce qui est authentique et on l’identifie automatiquement comme central dans le message de Jésus, sans considérer que quelques éléments essentiels de ce message peuvent coïncider avec des éléments du judaïsme et de la communauté primitive18.
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Jézabel

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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Dim 13 Avr - 21:21

J-P Mouvaux a écrit:
Le "Pilate" des évangiles est un brave garçon qui cherche avant tout à éviter les histoires ; il reconnait que Jésus est innocent mais ces maudits juifs font tant de foin qu'il prend peur et leur accorde la tête de l'accusé.
Il n'est dit nulle part qu'il prend peur.
En quand les Juifs du texte prétendent ne pas avoir le droit de condamner à mort, c'est évidemment faux.

Citation :
Une telle pusillaminité ne colle pas bien avec ce qu'on sait par ailleurs de la "douceur" (?) dont témoignent généralement les fonctionnaires coloniaux, romains ou pas, quand il s'agit de "contrôler" des peuples colonisés indociles.
En clair, tu n'y crois pas.
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Dim 13 Avr - 23:34

Jézabel a écrit:
J-P Mouvaux a écrit:
Le "Pilate" des évangiles est un brave garçon qui cherche avant tout à éviter les histoires ; il reconnait que Jésus est innocent mais ces maudits juifs font tant de foin qu'il prend peur et leur accorde la tête de l'accusé.
Il n'est dit nulle part qu'il prend peur.
En quand les Juifs du texte prétendent ne pas avoir le droit de condamner à mort, c'est évidemment faux.

Citation :
Une telle pusillaminité ne colle pas bien avec ce qu'on sait par ailleurs de la "douceur" (?) dont témoignent généralement les fonctionnaires coloniaux, romains ou pas, quand il s'agit de "contrôler" des peuples colonisés indociles.
En clair, tu n'y crois pas.

A l'innocence de Pilate et à la perversité des juifs ? Non.

Les rédacteurs des évangiles avaient une dent contre les juifs et ils les ont chargés de la responsabilité de la mort de Jésus ; c'est la racine de l'antisémitisme chrétien.
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Jézabel

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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Lun 14 Avr - 1:47

J-P Mouvaux a écrit:
A l'innocence de Pilate et à la perversité des juifs ? Non.
Non : c'est au récit des Evangiles que tu ne crois pas.

Citation :
Les rédacteurs des évangiles avaient une dent contre les juifs et ils les ont chargés de la responsabilité de la mort de Jésus ; c'est la racine de l'antisémitisme chrétien.
Et pourquoi en voulaient-ils aux Juifs ?
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Serge

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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Lun 14 Avr - 16:24

Citation :
Et pourquoi en voulaient-ils aux Juifs ?

P Very Happy eut-être que le couple que St Pierre a condamné a mort pour un histoire de terrain (Actes des Apotres 5 : 1 a 11) étaient parent avec les rédacteurs chrétiens ?

Ils se chamail encore pour des terrains aujourd’hui !
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Jean
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Mar 15 Avr - 16:12

Serge a écrit:
Citation :
Et pourquoi en voulaient-ils aux Juifs ?

Very Happy Peut-être que le couple que St Pierre a condamné a mort pour un histoire de terrain (Actes des Apotres 5 : 1 a 11) étaient parents avec les rédacteurs chrétiens ?

Ils se chamaillent encore pour des terrains aujourd’hui !
Elle m'avait échappé celle là
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Jean
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Mar 15 Avr - 16:20

Citation :
Jézabel a écrit:
En quand les Juifs du texte prétendent ne pas avoir le droit de condamner à mort, c'est évidemment faux.
Pourquoi?
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Mar 15 Avr - 17:40

St Pierre n’était-il pas juif ?

Le fait d’être le successeur de Jésus ça lui donnait (st.Pierre)le droit de condamner a mort pour un terrain ?

Un pape a déjà décrété que dans les colonies chrétiennes ou Catholique les aborigènes n’avait pas d’âme ils pouvaient donc en disposé comme bon leur semble …

Que se passe t’il en Afghanistan et en Irak les musulman non pas d’âme ?

Serait-il possible que les chrétiens ont conservé cette tradition de tuer pour avoir la terre des autres?
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Jézabel

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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Mar 15 Avr - 17:42

ref Jean :

Parce qu'ils s'administraient selon leur propres lois et que la Torah prévoit la peine de mort pour un certain nombre de cas.

Même l'Evangile le reconnaît en ne se demandant pas pourquoi les Juifs lapident une femme adultère sans en référer à Pilate.
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Mer 16 Avr - 19:51

Code:
J-P Mouvaux a écrit:
A l'innocence de Pilate et à la perversité des juifs ? Non.

Non : c'est au récit des Evangiles que tu ne crois pas.

Ce que je "crois" ou ne "crois pas", c'est une chose.

Mais quand je "passe au peigne fin" un texte, ça veut dire que je le soumets à la critique, et que j'essaie de repérer ce qui, dans ce texte, a une certaine vraisemblance au vu du contexte culturel de l'époque.

Code:
Citation:
Les rédacteurs des évangiles avaient une dent contre les juifs et ils les ont chargés de la responsabilité de la mort de Jésus ; c'est la racine de l'antisémitisme chrétien.

Et pourquoi en voulaient-ils aux Juifs ?

De ce qu'on sait du contexte culturel de cette époque, c'est que des groupes se référant à un certain "Jésus de Nazareth" tendaient à se séparer du judaïsme, et couper des liens ne se fait pas sans une certaine animosité ; c'est la raison pour laquelle ces "proto-chrétiens" avaient tendance à accuser de toutes sortes de choses leurs anciens frères, devenus "frères ennemis", et, pour employer une expression vulgaire : "Quand on veut noyer son chien on l'accuse de la rage."
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Mer 16 Avr - 19:58

Code:
Jézabel a écrit:
En quand les Juifs du texte prétendent ne pas avoir le droit de condamner à mort, c'est évidemment faux
.

Code:
Pourquoi?

Code:
ref Jean :

Parce qu'ils s'administraient selon leur propres lois et que la Torah prévoit la peine de mort pour un certain nombre de cas.
Même l'Evangile le reconnaît en ne se demandant pas pourquoi les Juifs lapident une femme adultère sans en référer à Pilate.

La puissance romaine occupante se réservait le droit de condamner à mort.
Et le récit sur la femme adultère, écrit par un évangéliste qui n'était pas forcément au courant de la situation juridique en Judée pouvait ignorer le fait que seul le procurateur romain avait le droit de prononcer des peines de mort. Et il n'est même pas sûr que la sentence de mort pour femme adultère inscrite dans le Lévitique ait été encore en vigueur au Ier siècle de notre ère.
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Mer 16 Avr - 23:54

J-P Mouvaux a écrit:
De ce qu'on sait du contexte culturel de cette époque, c'est que des groupes se référant à un certain "Jésus de Nazareth" tendaient à se séparer du judaïsme, et couper des liens ne se fait pas sans une certaine animosité
C'est du catéchisme. Il n'y a aucune trace de christianisme au Ier siècle, même à Qumran.

Citation :
c'est la raison pour laquelle ces "proto-chrétiens" avaient tendance à accuser de toutes sortes de choses leurs anciens frères, devenus "frères ennemis", et, pour employer une expression vulgaire : "Quand on veut noyer son chien on l'accuse de la rage."
Il n'ont cherché qu'à les convertir et la trace la plus ancienne que nous ayons de cela est le "Dialogue avec Tryphon" qui date de 140.

Citation :
La puissance romaine occupante se réservait le droit de condamner à mort.
Et le récit sur la femme adultère, écrit par un évangéliste qui n'était pas forcément au courant de la situation juridique en Judée pouvait ignorer le fait que seul le procurateur romain avait le droit de prononcer des peines de mort. Et il n'est même pas sûr que la sentence de mort pour femme adultère inscrite dans le Lévitique ait été encore en vigueur au Ier siècle de notre ère.
Tu ne peux pas décréter sur la foi des Evangiles que la loi juive n'était plus appliquée au Ier siècle. C'est absurde.

Où est-il écrit dans Josèphe que les Romains avaient retiré aux Juifs le droit de condamner à mort ?
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Jeu 17 Avr - 0:28

À LA SUITE DE LA RÉDUCTION DE LA JUDÉE EN PROVINCE ROMAINE, SOUS AUGUSTE, LE SANHÉDRIN PERD SON DROIT SOUVERAIN DE VIE ET DE MORT. ...

À LA SUITE DE LA RÉDUCTION DE LA JUDÉE EN PROVINCE ROMAINE, SOUS AUGUSTE, LE SANHÉDRIN PERD SON DROIT SOUVERAIN DE VIE ET DE MORT. - CETTE LIMITATION DES POUVOIRS, VRAI COUP DE FOUDRE POUR LES CONTEMPORAINS DU CHRIST ET MÊME POUR TOUTE LA POSTÉRITÉ JUIVE. - EFFORTS DU SANHÉDRIN POUR RESSAISIR CE POUVOIR DE VIE ET DE MORT ; EFFORTS ÉGALEMENT DE LA POSTÉRITÉ JUIVE POUR ATTÉNUER, DEVANT L’HISTOIRE, L’EFFET DE CETTE LIMITATION. - POURQUOI LE PEUPLE HÉBREU S’EST OBSTINÉ À NE PAS RECONNAÎTRE LA SUPPRESSION DE CE DROIT DE VIE ET DE MORT.


voir la suite de l'article

sur Google :

Code:
Abbés Lemann : Valeur de l'assemblée qui prononça la peine de mort ...


Je livre ça sous réserve ; je ne sais pas qui est cet "Abbés Lemann"
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Jeu 17 Avr - 14:17

Je crois qu'il y a un problème avec le lien

Ce n'est pas ce lien ?

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Lemann/Valeur/chapitre4.html
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Jeu 17 Avr - 23:13

Il doit y avoir un problème.

Va voir ce qu'on a quand on fait sur Google :

À LA SUITE DE LA RÉDUCTION DE LA JUDÉE EN PROVINCE ROMAINE, SOUS AUGUSTE, LE SANHÉDRIN PERD SON DROIT SOUVERAIN DE VIE ET DE MORT. ...
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Jézabel

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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Ven 18 Avr - 1:08

On tombe sur l'ouvrage d'un abbé.

Il faudrait un point de vue juif.
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Ven 18 Avr - 1:34

Jézabel a écrit:
On tombe sur l'ouvrage d'un abbé.

Il faudrait un point de vue juif.

Il y a quelque part une indication comme quoi cet abbé serait juif d'origine.

Ce qui me trouble c'est que, sous son nom, on trouve des indications contradictoires concernant le droit ou non des juifs de prononcer des sentences de mort quand la Judée est sous domination romaine.

Qui est donc cet Abbés (avec un "s" ?
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Sherlock



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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Ven 18 Avr - 11:56

La procédure de mise à mort était longue et complexe. Un lynchage était difficilement imaginable dans une Judée sous domination militaire rigoureuse.

Le seul lynchage pour lapidation était réservé à la femme adultère. Le droit biblique étant mysogine et ne concernant que les hommes, la femme trouvée au lit avec son amant avait toutes les chances de se faire cribler de pierres très rapidement.

Mais la tentative de lapidation de Jésus ou même la lapidation d'Etienne n'a aucun fondement historique...
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Jézabel

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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Ven 18 Avr - 18:40

On ne peut pas considérer que la femme adultère de l'Evangile avait baisé hors mariage puisqu'il n'est nulle parte question de son amant.

Il s'agit d'idolâtrie.

Et comme le texte dit que les Juifs se reconaissent aussi coupables "en commençant par les plus vieux", il s'agit naturellement des générations anciennes d'Israel et non d'une foule d'émeutiers.

Ceci est encore un épisode symbolique sans plus de réalité que le reste.
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Ven 18 Avr - 21:35

Jézabel a écrit:
On ne peut pas considérer que la femme adultère de l'Evangile avait baisé hors mariage puisqu'il n'est nulle parte question de son amant.

Il s'agit d'idolâtrie.

Et comme le texte dit que les Juifs se reconaissent aussi coupables "en commençant par les plus vieux", il s'agit naturellement des générations anciennes d'Israel et non d'une foule d'émeutiers.

Ceci est encore un épisode symbolique sans plus de réalité que le reste.

Je ne l'avais encore jamais envisagé ainsi mais ça se tient comme interprétation. Il y a sans doute plusieurs interprétations possibles.
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MessageSujet: Re: La recherche du Jésus historique   Ven 2 Mai - 16:14

Citation :
Qui est donc cet Abbés (avec un "s" ?)

Very Happy Un abbé, des abbés

Deux frères, juifs, convertis au christianisme.

(Merci Google)
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